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| Le Festival de Cannes |
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Le Festival de Cannes, fondé en 1946 sous l'égide de Jean Zay[1] et appelé jusqu?en 2002 le Festival international du film, est devenu au fil des années le festival de cinéma le plus médiatisé au monde[2], et son influence n'a cessé de grandir grâce aux médias et sponsors présents pour l'évènement, notamment lors de la cérémonie d'ouverture et de la traditionnelle montée des marches : le fameux tapis rouge et ses vingt quatre « marches de la gloire »[3]. Malgré ce prestige, le Festival a souvent été critiqué, et il fut à l'origine de plusieurs scandales ou controverses que relayèrent magazines et journaux, français et étrangers. Chaque année, durant la seconde quinzaine de mai, la ville de Cannes (Alpes-Maritimes) est envahie par des cinéastes et prise d'assaut par des milliers de photographes. C'est au Palais des Festivals et des Congrès, situé sur le boulevard de la Croisette, que les principales projections ont lieu. Parallèlement au Festival, plusieurs sections ont été créées au fil des ans. Parmi elles, on retrouve la Quinzaine, la Cinéfondation, la Semaine de la critique, Un Certain Regard, et surtout le Marché du film de Cannes, le premier au monde, en importance. Durant ces festivités, l'occasion est donnée aux nombreux producteurs et distributeurs présents sur place de trouver des partenaires pour le financement de leurs projets de films, ou de vendre les ?uvres déjà tournées aux distributeurs et télévisions du monde entier. Bien qu'il fît initialement figure de manifestation touristique et mondaine[4], le Festival a été créé pour récompenser le meilleur film, le meilleur réalisateur ou le meilleur acteur et la meilleure actrice. Pourtant, au fil des années, d'autres prix sont apparus et sont venus se rajouter au prestige cannois, comme le prix du jury, et surtout la Palme d'or.
HistoireGenèse et première édition (1939)Une caméra 35 mm À la fin des années 1930, choqués par l?ingérence des gouvernements fascistes allemand et italien dans la sélection des films de la Mostra de Venise ? inaugurée en août par le docteur Joseph Goebbels ?, Émile Vuillermoz et René Jeanne soumettent à Jean Zay, ministre de l?Instruction publique et des Beaux-Arts, l'idée d'un festival international du cinéma en France[5]. Jean Zay est fortement intéressé par la proposition[6], les Américains et les Britanniques l'encouragent dans ce sens. Plusieurs villes sont alors candidates, notamment Vichy, Biarritz et Alger mais c'est Cannes qui remporta les suffrages. Philippe Erlanger, associé à l'entreprise sera le premier délégué général du Festival[7]. En juin 1939, Louis Lumière accepte d'être le président de la première édition du Festival qui doit se dérouler du 1er au 30 septembre. Il avait alors déclaré vouloir « encourager le développement de l?art cinématographique sous toutes ses formes et créer entre les pays producteurs de films un esprit de collaboration ». La sélection française est arrêtée et comprend :
Parmi les films étrangers :
Le peintre Jean-Gabriel Domergue, cannois par adoption, crée l'affiche du 1er Festival, qui est d'ailleurs devenue célèbre aujourd'hui. Dès le mois d'août, les vedettes commencent à affluer, la Metro-Goldwyn-Mayer affrète un paquebot transatlantique pour amener les stars d'Hollywood : Tyrone Power, Gary Cooper, Annabella, Norma Shearer ou encore George Raft. On prévoit des fêtes mémorables ; inspirés par le film Quasimodo les Américains ont même dans l'idée de construire une réplique de Notre-Dame de Paris sur la plage de Cannes[8]. Le 1er septembre, jour de l'ouverture officielle, les troupes allemandes pénètrent en Pologne, mettant du même coup fin à cette première édition d'un Festival mort-né, et le 3 septembre, c'est la déclaration de guerre de la France et du Royaume-Uni à l'Allemagne. Les débuts du FestivalLa première véritable édition du Festival se déroule après la guerre, du 20 septembre au 5 octobre 1946 dans l'ancien casino de Cannes grâce, entre autres, à la volonté de la confédération générale du travail[9], dont le réalisateur Louis Daquin est alors membre. La première édition du Festival est financée par le Ministère des Affaires étrangères et la ville de Cannes[10],[11],[12]. À l'origine le Festival devait concurrencer la Mostra de Venise mais l'Italie et la France étant redevenues des nations amies, il fut un temps pressenti que le Festival de Cannes et la Mostra de Venise aient lieu chaque année en alternance[13]. Ce contrat ne fut pas annoncé au départ[14]. La France et les professionnels du cinéma n'étaient donc pas au courant. En 1946, le Festival avait eu un succès considérable et les cinéastes attendaient avec impatience l'édition suivante de 1947[14]... Lorsque cet accord sera dévoilé, il sera très critiqué, certains parleront d'« une capitulation de la France »[14], ainsi que l'annoncera le magazine La Technique Française. L'édition suivante, en 1947, se fera de justesse, le Palais des Festivals étant construit par le syndicat dans la précipitation[15], le gouvernement de l'époque refusant de financer un Festival annuel. C'est pour cela que la Fédération CGT des syndicats du spectacle siège au conseil d'administration du Festival encore aujourd'hui[16]. D'ailleurs, cette année-là, sera instauré le principe d'égalité. C'est-à-dire que les organisateurs du Festival avaient décidé que le jury ne devait être composé que d'un représentant par pays[17]. Ainsi, en 1947, a lieu l'inauguration du Palais des Festivals (également appelé Palais Croisette) qui sera remplacé par un nouveau palais en 1983. L'inauguration du Palais Croisette se fera le soir du 11 septembre 1947 (et le Festival du 12 au 25). C'est grâce au Docteur Picaud, Maire de Cannes, que ce nouveau palais voit le jour. Seule la toiture n'est pas terminée[18] et elle s'envolera lors d'un violent orage en fin de Festival. C'est le Casino municipal qui servira de relais pour le bal de clôture et la remise des prix[19]. C'est aussi en 1947 que Robert Favre Le Bret rejoint la direction du Festival de Cannes. Il instaurera alors la Commission de sélection. Le principe était simple : le Centre national de la cinématographie devait donner à la commission de sélection les dates et règlements des autres festivals internationaux en précisant les délais de l'envoi des films. Les producteurs étaient ensuite informés et pouvaient ainsi envoyer leur(s) film(s) à la Commission. Celle-ci établissait ensuite la sélection. Ces films devaient être conformes aux règles de censure de l'époque. Malgré ce choix libre, la liste devait tout de même être validée par le Ministère qui s'occupait de la Cinématographie, et celui des Affaires étrangères, du moins durant la période de la Guerre froide[20]. Ainsi, durant l'année 1947, le Festival s'institutionnalise, s'organise, et trouve ses marques au sein de l'Europe, dont les festivals de cinéma se multiplient, même s'il n'aura pas lieu en 1948 et en 1950 officiellement en raison de problèmes budgétaires[21], ou peut-être officieusement à cause du contrat avec la Mostra de Venise, qui visait à les faire se dérouler en alternance un an sur deux[22]. À la fin de l'accord avec le Mostra de Venise, en 1951, le Festival aura enfin lieu durant le printemps, et n'aura plus à subir la concurrence de la Mostra de Venise et du Festival de Locarno qui se déroulaient sensiblement à la même date. Quatre ans plus tard, en 1955, est créée la Palme d'or, à l'initiative de Robert Favre Le Bret. Jusque là, c'était le Grand prix qui était remis. Le Délégué Général avait alors réuni tout le Conseil d'Administration du Festival et invité des joailliers de toutes l'Europe pour présenter leur modèle de la Palme d'or[23]. C'est le dessin de Lucienne Lazon qui remporte l'approbation du Conseil. C'est cette même année que Delbert Mann se voit remettre la première Palme de l'histoire, pour Marty. Mais, de 1964 à 1974, le Grand prix reprend sa place, pour finalement disparaître à jamais. De nouvelles ambitionsEn 1959, le Marché du film est fondé. Il va alors donner au Festival une dimension commerciale, il rendra aussi plus facile les échanges entre vendeurs et acheteurs de l'industrie du film. Depuis bientôt cinquante ans d'activité, le Marché du film est devenu la première plate-forme mondiale pour le commerce international du film[24]. En 2007, il a accueilli plus de 10 000 participants provenant de 91 pays différents[25]. On remarquera en 1962 la première Semaine Internationale de la Critique[26], alors créée dans le but « de mettre à l?honneur les premières et deuxièmes ?uvres des cinéastes du monde entier »[27]. Depuis un certain temps, on parle, dans les rues de Cannes, de projections privées, à propos de la Semaine Internationale de la Critique. Effectivement, des projections du Miramar, une salle de cinéma de Cannes, ont tendance à être réservées aux célébrités du cinéma, comme avec l'entrée de Alejandro González Iñárritu, Walter Salles, Guillermo del Toro, Javier Bardem, Carlos Reygadas et Harmony Korine, qui eux n'ont pas pris la file d'attente, contrairement à des cinéphiles qui ont dû attendre deux heures et s'entendre dire que la salle était pleine. D'autre part, la Semaine internationale de la critique accueille sept courts et sept longs métrages en compétition mais visionne plusieurs autres films hors compétition. Ainsi François Ozon, Alejandro González Iñárritu, Julie Bertuccelli, Eleonore Faucher, ... y ont été découverts[28]. Deux ans plus tard, en 1965, le Festival rend hommage à Jean Cocteau, décédé le 11 octobre 1963, en le nommant président d'honneur du Festival à vie. L'année d'après, le président du jury est une femme, c'est Olivia de Havilland ; c'était la première fois qu'une femme occupait ce poste. Mais, malgré ce développement considérable, le Festival de Cannes 1968 sera interrompu le 19 mai. Alors que des universités se ferment, les séances de projection officielle du Festival sont souvent annulées à cause de manifestants étudiants[29]. Dès le 13 mai, ces étudiants avaient commencé à envahir le Palais des Festivals. Le 18 mai, François Truffaut, Jean-Luc Godard, Claude Lelouch, Richard Berry, Roman Polanski, Louis Malle et Jean-Pierre Léaud se mêlent au mouvement étudiant qui agite Cannes[30]. Ils se révolteront aussi contre le ministre de la culture André Malraux qui avait alors démis Henri Langlois de son poste de directeur de la Cinémathèque française[31]. Pour aider ces célébrités, Alain Resnais, Carlos Saura et Milo? Forman retirent leur film en compétition de la sélection cannoise. Le Festival est pris d'assaut, et devient un lieu politique. C'est ainsi que le 19 mai, les organisateurs décident d'annuler le Festival, ce qui constitua une première dans l'histoire du cinéma[32]. Des changements majeursEn 1969, Pierre-Henri Deleau créa la Quinzaine des réalisateurs et la dirigera durant trente ans. Ce nouvel évènement avait alors été créé pour présenter des films étrangers réalisés par des cinéastes encore peu connus du public[33], et qui ne faisaient pas partie de la sélection. Le maxime de la Quinzaine était alors « Cinéma en liberté ». Pour sa première édition, l'évènement est organisé en à peine deux mois, ce qui n'a pas laissé le temps à une sélection de films : soixante deux longs métrages, et 26 courts métrages sont donc projetés[34] gratuitement : le public est libre d'y entrer. Le premier film à faire l'ouverture de la Quinzaine est celui du cubain Manuel Octavio Gómez : La Première charge. Ce long métrage recevra directement après sa projection un distributeur japonais. En 1972, le Festival de Cannes changera de figure : Robert Favre Le Bret est nommé président et Maurice Bessy est élu délégué général. Ce changement majeur a donné un renouveau à la cérémonie. Avant cette date, les États choisissaient les films qui les représenteraient au Festival[36]. Désormais, le nouveau délégué général instaura les deux comités de sélection, un pour la France, et un autre pour le cinéma international. Ce renouveau amènera quelques problèmes pour la sélection du Festival de Cannes 1972[37]. L'année suivante, une nouvelle section est inaugurée, Perspectives du cinéma français (aujourd'hui disparue). C'est en 1978 que les plus grandes modifications eurent lieu[38]. Gilles Jacob arrive alors au poste de délégué général du Festival et crée la Caméra d'or qui récompense le meilleur premier film de toutes les sections par l'intermédiaire d'un jury indépendant et la section Un Certain Regard. Cette section a été créée pour aider les films en marge à la distribution. Un film ressort gagnant d'une sélection de vingt films. Le Cinéma de genre est souvent mis à l'honneur dans cette section. De plus, Gilles Jacob en profitera pour réduire la durée du Festival à treize jours (elle était auparavant de deux semaines), ce qui diminuera en même temps le nombre de films sélectionnés[39]. En outre, alors que depuis ses débuts le jury est en grande partie composé d'Académiciens, il sera désormais composé essentiellement de célébrités de l'industrie du cinéma. On remarque aussi la présence du Festival sur les écrans télé par l'intermédiaire d'Antenne 2. Le Palais des Festivals et des Congrès de Cannes devait être agrandi. L'ancien palais méditerranéen se transforme alors en « bunker »[40]. Ce nouveau palace est plus confortable et spacieux. Mais il ne fera pas l'unanimité au départ[41]. Les travaux ayant été pris en charge trop tard, la remise des prix de l'édition 1983 se fera dans la poussière ... Ce qui avait failli faire arrêter le Festival[42]. La CinéfondationPuis, en 1998, Gilles Jacob créé la Cinéfondation pour soutenir la création d'?uvres de cinéma dans le monde et aider à l'entrée des nouveaux cinéastes dans le cercle des célébrités[45]. C'est chaque année une dizaine de réalisateurs ayant réalisé un ou deux courts métrages de fiction qui est accueillie à Cannes. Depuis sa création, c'est une quarantaine de pays et soixante-dix cinéastes qui se sont rassemblés pour les treize jours de Festival. La Cinéfondation met à disposition des réalisateurs une résidence à Paris et une aide à l'écriture d'un scénario. De plus, elle leur offre 800 ? par mois, et un accès gratuit à plusieurs salles parisiennes[46]. On remarque depuis les années 2000 la projection de plus de mille films d'étudiants, qui sont témoins de la diversité et du dynamisme de la jeunesse des cinéastes. En 2002, le Festival international du film prend officiellement le nom de Festival de Cannes, qui le désignait couramment[48]. Un Festival toujours d'actualitéEn 2007, le Festival fête ses soixante ans, ce qui peut prêter à confusion puisque sa première édition a eu lieu en 1946 et qu'il aurait donc dû les fêter en 2006. Il s'agit par ailleurs de la 59e édition du Festival (il n'y a pas eu de Festival en 1948 ni en 1950). Cette édition est marquée par l'histoire du Festival, ce qui conduit ce dernier à inviter Bernard Thibault, qui salue la volonté de « marquer sa fidélité à l'histoire d'un Festival où la CGT est presque chez elle, même s'il a beaucoup changé »[49]. Le Festival bat à cette occasion son record de la projection du film le plus long. Précédemment détenu par Parsifal (4 h 40), et Nos meilleures années (6 h), c'est le film de Ken Burns nommé La Guerre (The War), un documentaire sur la Seconde Guerre mondiale durant 14 heures, qui établit un nouveau record. Pour le 60e anniversaire du Festival de Cannes, Luc Besson, président du Festival de Cannes 2000, a créé le Festival Cannes et Banlieues[50], dont le slogan est : Si tu ne peux pas aller à Cannes, c'est Cannes qui viendra à toi !. Ce Festival a pour but d'organiser dans plusieurs villes de la banlieue parisienne des projections de films de la sélection officielle, accompagnées d'un court métrage qui retracera les 60 ans du Festival de Cannes. Depuis soixante ans, le Festival de Cannes a toujours innové et mis en lumière des réalisateurs ou des cinématographies. De La Bataille du rail à Indigènes, de Michèle Morgan à Penélope Cruz, l'histoire du cinéma a été écrite sur un tapis rouge[51]. Il innove aussi avec la récente installation du numérique dans les salles cannoises, et l'entrée du cinéma de genre dans la sélection. L'organisation du FestivalSections du Festival de CannesLe Festival de Cannes comprend deux grandes sections qui englobent plusieurs sous-parties, dont la plus ancienne est La Semaine de la critique[52], créée en 1962. Voici la liste de ces sections :
Sélection d'un filmÊtre sélectionné dans la célèbre compétition cannoise est un privilège et un enjeu crucial pour un cinéaste comme pour les producteurs qui souhaitent envoyer souvent des films encore en tournage. Les ?uvres parvenues au comité de sélection subissent une longue file d'attente. D'ailleurs le public et les cinéphiles ne découvrent la sélection finale qu'un mois avant son annonce : certains films sont effectivement sélectionnés tardivement, mais d'autres sont réservés officieusement depuis plusieurs mois, pour que le Festival ait l'exclusivité de l'?uvre[53]. Le délégué du Festival, Gilles Jacob, instaure, dès sa première année à ce poste, le principe du film surprise avec L'Homme de marbre de Andrzej Wajda alors que le film était interdit en Pologne. Les bobines sont cachées dans des boîtes sur lesquelles est inscrit un faux titre, ce qui permet au film de passer la frontière et de concourir au Festival de Cannes. L'Homme de fer, de Andrzej Wajda toujours, a même été sélectionné alors que la compétition avait déjà commencé. De l'aveu de Gilles Jacob dans une interview au magazine Studio, « c'est le seul cas de figure où un autre candidat aurait pu protester ». De nos jours, il existe deux types de comités[55] :
Ces comités visionnent six films par jour. De plus, avec l'arrivée des documentaires, films d'animation, ou des films de genre, le comité a dû visionner quelques 3 200 long métrage en 2005, et 4 000 en 2007[56]. De plus, pour qu'un film soit sélectionné, son tournage doit avoir été achevé moins de douze mois avant le Festival et il ne doit avoir été exploité que dans son pays d'origine. Il ne doit pas non plus avoir été présenté dans un autre Festival international. Pour les courts métrages, la durée maximum est quinze minutes[57]. Prix décernésAlors qu'en 1946, un Grand Prix était remis à un seul film, en 1947, les prix sont attribués par catégories : on retrouve celle des films d?aventures et policiers, des dessins animés, des films psychologiques et d?amour, des films sociaux, et des comédies musicales. C'est d'ailleurs la seule année où ce système de récompenses sera utilisé. Dans les années 1950, et particulièrement sous la présidence de Jean Cocteau, certains prix à l'appellation un peu fantaisiste sont décernés tels que le Prix du film lyrique (1952), le Prix International du film de la bonne humeur (1953), le Prix International du film le mieux raconté par l'image (1953), entre autres. Avec l'arrivée de la Palme d'or, le titre des prix octroyés s'homogénise même si l'on trouve encore un Prix de l'humour poétique en 1957. Il sera toutefois créé par la suite des prix pour récompenser certains films n'ayant pas obtenus de prix « officiels » mais méritant tout de même, selon le jury, d'être mentionné au palmarès. Ainsi furent distribués des prix tels que le prix de la meilleure évocation d?une épopée révolutionnaire en 1963 à La Tragédie optimiste de Samsonov, ou le Grand prix du cinéma de création en 1983 remis à Bresson et Tarkovski car le jury ne pouvait les départager[58]. Ces prix ont la plupart du temps été créés pour l'occasion. Ainsi, pour que Mort à Venise de Luchino Visconti, ne reparte pas bredouille en 1971, on lui attribue le prix du 25e anniversaire. Le réalisateur dira : « celui-là, au moins, personne d'autre ne l'aura ! »[59]. À noter qu'après que le Jury ait attribué à Barton Fink trois prix importants en 1991, le règlement a été modifié : le jury n?a en effet plus le droit de donner plusieurs prix à un même film. Seul un prix d?interprétation peut s?ajouter à un autre prix[60]. Depuis 1955, le plus prestigieux des prix décernés à Cannes est la Palme d'or, remise au meilleur film. Le deuxième prix le plus prestigieux est le Grand Prix.
Direction du Festival
Le Festival de Cannes est dirigé par plusieurs personnes, aux postes très différents. Ces différentes fonctions s'expliquent de l'évolution et de la croissance du Festival : jusqu'en 2000, deux personnes s'occupaient de la direction : le Président et le Délégué général, qui occupait lui-même les places de directeur général et de directeur artistique. Le secrétaire général était placé à l'intendance.
Le Cinéma français au FestivalLe Festival de Cannes est le festival de cinéma le plus médiatique en France et dans le Monde. Le cinéma français n'est pas pour autant privilégié. En effet les lauréats français de la Palme d'or sont rares : on remarque Claude Lelouch (avec Un homme et une femme) en 1966 et Maurice Pialat (avec Sous le soleil de satan) en 1987, mais, plus récemment, Laurent Cantet (avec Entre les murs), Palme d'or en 2008. En 2007, trois films français sur vingt-deux étaient en compétition. Depuis 1966, c'est donc tous les vingt ans qu'un français est récompensé par le prix suprême. Les organisateurs se justifient en disant que le Festival n'est pas seulement national mais international. D'ailleurs la France est le quatrième pays dans le classement du nombre de lauréats de la palme[62]. En 2007, la France devra se contenter du Prix du Jury pour Persépolis de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, la Palme d'or ayant été remise à Cristian Mungiu pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Par ailleurs, le cinéma français, est soumis à un comité de sélection spécifique, et fournit généralement trois des vingt deux candidats de la sélection officielle. Jusque dans les années 1980, le Comité de sélection française, composé de quatre à vingt personnes selon les années, était nommé par le ministre de la Culture. En 1983, Daniel Toscan du Plantier et Alain Terzian persuadèrent le ministre de laisser le Festival sélectionner les films français. Pour éviter une surcharge de travail, Gilles Jacob créera la même année un comité de sélection dédié aux films français dont il choisit lui-même les conseillers et dont le nombre n?est pas prédéfini[63]. Les lauréats français de la Palme d'or sont au nombre de huit, avec notamment Claude Lelouch (avec Un homme et une femme) en 1966 et, dernier à ce jour, Laurent Cantet (avec Entre les murs) en 2008, ce qui place la France au quatrième rang du classement des pays en nombre de lauréats de la palme, après notamment les États-Unis[réf. nécessaire]. Depuis 1946, les lauréats français du Grand prix ou de la Palme d'or, le prix principal du Festival, selon la date, sont Jean Delannoy avec La symphonie pastorale en 1946, | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||